Il faut remonter très
loin dans l’histoire de l’humanité
pour retracer les origines du fromage. Tant et si bien
que la légende s’est emparée des faits
: on raconte qu’un jeune cavalier parti pour une
longue randonnée avait versé dans sa gourde
fabriquée de l’estomac d’un jeune animal,
une ration de lait pour le voyage. Son lait caillé,
séparé en morceaux plus ou moins durs et
en petit lait lui offre un repas qui l’enchante...
Plus vraisemblablement, le fromage et le beurre se seraient
développés peu de temps après la
domestication des vaches, il y a environ 8 000 ans. Les
fromages font partie de l’alimentation des Égyptiens
et des Grecs depuis la très haute Antiquité.
Les Romains, à qui on doit les premières
pâtes pressées à la pierre, encouragent
la fabrication de plusieurs variétés de
fromages. Au Moyen Âge, au cours des croisades,
on rapporte non seulement du fromage mais encore des procédés
de fabrication. Les monastères en conservent précieusement
les secrets dont notamment celui de Pont-L’Évêque,
Port-Salut... Au XVe siècle naissent les Bries
et les fromages de « cresme » ainsi que les
fromages à grandes formes tels l’Emmental
ou le Gruyère. C’est en Angleterre au XVIe
siècle, dans le comté de Somerset, que la
ville de Cheddar donne son nom à un fromage désormais
célèbre. Il est largement diffusé
dans toutes les colonies anglaises.

De France à Nouvelle-France, le legs
d’un savoir-faire
Au Canada, les vaches laitières sont introduites
vers 1610 par Samuel de Champlain. Les premiers arrivants
français apportent avec eux les savoir-faire et
les gestes de traditions transmises depuis de très
nombreuses décennies. La fabrication du fromage
fait partie de cet héritage culturel. Au XVIIe
siècle, on fabrique à l’Île
d’Orléans un fromage « raffiné
» fait de lait chaud fraîchement récolté
et affiné en coffre de bois. Il a le goût
d’un Camembert fabriqué dans les départements
de l’Aube et de l’Yonne en France.

Le Cheddar, un transfert culturel
À la suite de la guerre d’indépendance
américaine, le régime britannique instauré
au pays depuis 1760 attire de nombreux immigrants loyalistes.
Établis dans les Cantons de l’est, ils perpétuent
leurs coutumes et leurs traditions dont la fabrication
du Cheddar. C’est ainsi qu’apparaît
à Dunham en 1865 la première fromagerie
au Québec. La production de fromages avant cette
date est le lot de petits fabricants domestiques de qui
on s’approvisionne en voisinage.
L’essor que connaît alors l’industrie
laitière favorise la prolifération des fromageries
dans la campagne québécoise. Certaines fabriques
exportent leurs produits en Angleterre et connaissent
des succès importants sur les marchés internationaux.
Ainsi, l’abbaye d’Oka met au point un fromage
mondialement reconnu. Dès 1892, l’école
de laiterie de Saint-Hyacinthe offre une formation professionnelle
et établit des standards permettant au Québec
de s’ouvrir à l’industrialisation.

Un échange de bon procédé
Après la deuxième grande guerre, l’arrivée
massive d’immigrants favorise les échanges
culturels et contribue à la diversification des
goûts. Le Mozzarella, le Parmesan, le Ricotta, le
Féta. le Brie, le Camembert entrent dans nos moeurs.
La demande en fromages fins est si forte qu’elle
provoque la création de grandes sociétés
et coopératives laitières entièrement
automatisées.
  
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