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En chambre de maturation,
la pâte devient fromage et acquiert son apparence
finale. Ici se développent patiemment saveurs,
arômes, consistances, aspects extérieurs
et propriétés nutritives. Le temps de maturation
varie de quelques jours à presque deux ans pour
un fromage fort. Dans l’espace humide et frais,
la texture du caillé se modifie, de même
que son odeur et son goût.
À intervalle régulier, certains fromages
sont retournés. On prend soin de laver ou brosser
la croûte qui se forme à l’eau salée,
à la bière, au vin, à l’huile
d’olive. Certains ont recours à la cendre
ou au foin...Plus la température est élevée,
plus l’affinage est rapide. Chaque type de fromage
requiert cependant des conditions précises : les
pâtes cuites de 12 à 20°C; les pâtes
pressées, de 10 à 12°C; les pâtes
molles, de 7 à 10°C et les bleus, moins de
5°C.
Des bleus et des bulles
Les fromages bleus sont ensemencés d’un
ferment, le pénicillium. Puis, ils sont retournés,
lavés, salés, piqués de fines aiguilles
et rangés sur des través de chênes
dans des caves fraîches, aérées, où
les courants d’air humide chargés de spores
ou micro-champignons appelés « fleurines
», favorisent le développement de ce champignon,
le pénicillium. Il est responsable de l’apparition
d’un réseau de veinures bleues dans la pâte
qui caractérise ces types de fromage.
Le pénicillium favorise aussi la formation des
croûtes sur les fromages à pâte molle
ensemencés en surface. La croûte se couvre
alors d’un fin duvet très doux. C’est
ce qu’on appelle une croûte fleurie.
Certaines pâtes sont soumises à une fermentation
secondaire appelée propionique où certains
micro-organismes produisent du gaz carbonique (CO2). Cette
réaction est à l’origine des bulles
que l’on retrouve dans le Gruyère, ou l’Emmental
et permet le développement des saveurs souvent
apparentées à la noisette.
Le lait contient des micro-organismes, les bactéries
lactiques qui se reproduisent en présence de conditions
favorables. Elles se nourrissent du lactose du lait et
le transforment en acide lactique acidifiant le lait et
entraînant sa coagulation. C’est ainsi que
le lait « tourne ».
  
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